Caravane Born Perfect – Senegal

Je m’appelle Seydou Diatta .Je suis journaliste reporter chez Emedia Invest (Iradio –ITV/Sénégal) . Cela fait maintenant plus de plus de 15 ans que je me suis engagé dans la lutte contre la pratique de mutilation génitale féminine  et contre les violences basées sur le genre de façon générale au nom de la masculinité positive. Dans la région de Kolda au sud du Sénégal  ou je réside, l’épanouissement et le bien-être  de la femme ont longtemps été plombés par les pesanteurs socioculturelles caractérisées par un chapelet de pratiques culturelles néfastes. La plus préoccupante  reste les MGF. Un acte chirurgicale fruit de croyances populaires souvent fatales à la junte féminine .

Seydou Diatta, Journalist reporter Senegal

Dans cette partie sud du Sénégal à cheval entre la république de Gambie au nord et les républiques de Guinée Bissau et Conakry au sud –Est, une fille non excisée est considérée comme impure par  la communauté. Dans certaine famille, elle n’est pas autorisée à préparer pour la belle-famille en dépit de sa marginalisation et de son exclusion de certains rituels à l’échelle communautaire. Difficile de fournir des statistiques exactes  cars, depuis la criminalisation de la pratique par le gouvernement du Sénégal  au début des années 2000, la  pratique de l’excision est maintenue dans la clandestinité au sein des communautés ou la culture de la dénonciation n’est pas vraiment pas la tasse de thé. Donc, malgré les efforts consentis par le gouvernement du Sénégal et ses partenaires  la problématique reste une équation en quête de solution .La phobie de l’exclusion sociale continue de contraindre  hélas certaines filles de subir cette pratique affreuse en connaissance de cause. Et, le constat est pratiquement le même au  Sénégal  nettement dans sa partie sud, en  république de Gambie, en Guinée Bissau et en république de Guinée Conakry  .Car, de part et d’autre des frontières, vivent  les mêmes peuples avec les mêmes coutumes  .Face à ce cercle vicieux il urge de changer de fusil d’épaule et adopter une approche transfrontalière, holistique et inclusive. Et donc, cette caravane de sensibilisation sous le slogan « née parfaite » à partir de l’Afrique subsaharien notamment la Mauritanie en guise de réponse à cette problématique qui menace la vie de millions de filles et femmes  à travers le continent de l’Atlantique au Golf d’Aden arrive non seulement à son heure mais suscite une lueur d’espoir particulièrement pour la région de kolda au sud du Sénégal.

Kolda, une région stratégique.

Située au sud du Sénégal, la région de kolda habitée par des communautés majoritairement adeptes de la pratique du MGF partage la frontière au nord avec la république de Gambie et au sud-Est par la république de Guinée Bissau et celle de Conakry .Une position géographique qui fait d’elle un véritable sanctuaire du melting-pot et de la diversité culturelle ou les coutumes ancestrales traversent les âges et se conjuguent avec le maintien des pratiques culturelles néfastes .La diagnostic sur la problématique et la recherche de solution pour endiguer le mal indiquent clairement que Kolda reste  la zone idéale  pour lancer une campagne  transfrontalière dans le cadre la lutte conte les MGF. 

Miser sur la masculinité positive 

Il est clair que les hommes ne subissent pas directement les conséquences  de ces pratiques  culturelles néfastes .Mais après avoir parcouru ces zones ou la pratique de l’excision reste ancrée et écouté les communautés, force est de reconnaitre que les hommes ont une forte influence sur le maintien de la pratique. La source du mal réside d’abord dans la rhétorique ou le leitmotiv : « Je ne peux pas me permettre d’être le premier à enfreindre les coutumes en épousant une femme ‘’non excisée’’. » Une croyance qui va au-delà des frontières nationales bien que vide de sens, d’argument scientifique et religieux. D’où la nécessité de miser sur la promotion de la masculinité positive et sur la sensibilisation des hommes afin qu’ils comprennent que : «  les femmes sont nées parfaites » .Les pousser à violer leur intégrité physique par peur d’être marginalisées est non seulement un crime, mais un acte qui  les rendent imparfaites. Elles sont nées parfaites, l’idéal est qu’elles vivent en parfaitement harmonie avec leur  caractéristique physique !